Etre chrétien sans foi ni Dieu

Les institutions, les lois et même les sciences découlent d'un passé
religieux, d'une vision métaphysique de l'homme. C'est vrai
partout dans le monde. La France s'est voulue «la fille aînée de
l'Église», mais les temps ont changé. Se voulant maintenant «la fille
aînée de la laïcité», elle rechigne à reconnaître un héritage religieux
qu'elle laisse néanmoins fructifier, ne serait-ce que d'un point de vue
touristique. En quelque sorte, c'est le petit jeu du «Cachez ce Christ
que je ne saurais voir», Jésus, pour beaucoup de néo-historiens, étant
réduit au rang d'un rabbin plus fou que les autres.
Prise entre un passé catholique qui ne passe pas et ses lumières
laïques dont les autres pays ne veulent pas, la France est écartelée :
elle a mal à son Dieu ! Est-ce une manifestation de son exception
culturelle ? Plus subtilement, la France ne serait-elle pas en train
d'inventer une nouvelle façon d'être chrétien, sans Dieu révélé ni
foi établie ? Ambitieux programme ! Grande question sur laquelle
Eric Haviland nous convie à nous arrêter.