Manifestez ! : destin et postérité du Manifeste communiste

Manifestez ! : destin et postérité du Manifeste communiste

Manifestez ! : destin et postérité du Manifeste communiste
Éditeur: Syllepse
2003169 pagesISBN 9782847970364
Format: BrochéLangue : Français

Lorsque Karl Marx mourut, le 14 mars 1883, il fut célébré par les

pauvres des États-Unis. Le drapeau étoilé fut mis en berne sur

Brooklyn et les prolétaires de Manhattan lui rendirent hommage en un

formidable meeting où se mêlaient Américains de naissance et immigrés

allemands, tchèques et français. Il fut décidé sur le champ d'éditer

en anglais pour les travailleurs d'Amérique le Manifeste communiste.

C'est par le Manifeste que tout commençait alors, partout et toujours.

Les réfugiés de la Commune de Paris l'avaient édité à New York

et sur les bords d'un lac suisse quand la répression impitoyable faisait

de l'Hexagone une prison. Prémonitoire, il avait tracé dans une

anticipation exceptionnelle ce que serait le monde à venir : il serait

unique et il faudrait lui opposer une force nouvelle pour créer un autre

possible.

Porté par l'utopie, le Manifeste communiste fut l'un des livres les

plus lu. À l'heure où la planète mondialisée s'interroge sur la

possibilité d'un autre futur, Manifestez ! donne à connaître l'incroyable

aventure de ce texte qui, dans l'Ancien et le Nouveau Monde, a semé

les ferments d'une modernité délivrée de l'oppression.

« Le besoin d'un marché toujours croissant pour ses produits

répand la bourgeoisie sur tout le globe : elle est forcée de former des

établissements, d'établir des relations, de créer des moyens de communication

partout. Par ce marché universel, elle a donné à la consommation

de tous les pays une tendance cosmopolite. Au grand regret

des réactionnaires, la bourgeoisie a dépouillé le système industriel

moderne de ses fondations nationales. Les anciennes manufactures

nationales ont été détruites ou sont sur le point de l'être ; pour être

remplacées par de nouveaux modes d'industrie dont l'introduction

devient une question vitale pour tous les pays civilisés. Les matières

premières de ceux-ci, au lieu d'être indigènes, sont apportées des pays

les plus éloignés, et leurs produits, au lieu d'être consommés par le

marché national, sont vendus dans le monde entier. Au lieu des anciens

besoins nationaux, satisfaits par des produits indigènes, nous trouvons

partout de nouveaux besoins qui ne peuvent être satisfaits que par les

productions des pays les plus éloignés, des climats les plus divers. Au

lieu des anciens sentiments locaux et nationaux d'égoïste isolation,

nous trouvons les nations liées par des rapports d'intérêt universels,

dans une commune dépendance. »

Manifeste de Karl Marx, Le Socialiste , New York, 1872.

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