Les sept livres de l'archidoxe magique

Certains n'hésitent pas à faire de Paracelse le précurseur de bien des
sciences modernes et l'un des plus grands contributeurs à la rénovation
de la médecine et des principes analogiques à la renaissance, tandis que
d'autres voient en lui, pour les uns un médiocre imitateur des anciens, pour
les autres un fou ignorant et prétentieux. Comment expliquer cette contradiction
? Pourquoi cette polémique renaissant toujours, ce brouillard enveloppant
l'étrange figure de ce célèbre médecin ?
C'est qu'au commencement du XVIe siècle, alors que toute la science somnolait
en répétant les oracles d'Avicenne et de Galien, apparaît un homme à la
voix forte, médecin et chimiste, qui brûla les livres médicaux des Grecs et des
Arabes, parla philosophie en langue vulgaire, guérit les malades contre toutes les
règles de l'art et parcourut l'Europe, buvant avec le premier venu, bataillant avec
beaucoup, étudiant avec tous. Paracelse, comme beaucoup de mystiques, sentait
les choses plus qu'il ne les pensait. Il essayait de les exprimer avec les termes
parfois nouveaux ou détournés de leur acception habituelle, afin de transmettre
à son tour à ceux qui l'écoutaient les évidences qui l'avaient lui même illuminé.
En vérité, la philosophie de Paracelse se trouve beaucoup plus élevée qu'on a
bien voulu le croire et le prétendre, et trouve sa source dans l'une des plus importantes
clés de l'ésotérisme : le pouvoir de l'analogie.
Véritable grimoire n'ayant rien à envier aux clavicules les plus connus, l'étudiant
suivant le chemin d'Hermès trouvera surtout dans les Sept Livres de
l'Archidoxe Magique, au milieu de beaucoup d'obscurités voulues ou inévitables,
les grandes et fécondes vérités qu'il mérite et qui lui sont destinées pour
avancer dans son cheminement.