La famille : affaire privée et publique

La famille est une «affaire privée» : formes et durées des
unions ; décisions de fécondité ; âge à la maternité ; nombre
d'enfants ; travail des mères ; conciliation avec la vie familiale
; partage des tâches domestiques et de l'éducation ; conflits,
séparations et leur retentissement sur les enfants.
La famille est aussi une «affaire publique». Il n'y a pas
de développement durable sans enfants, ni de croissance
sans berceaux. Dans une Europe dévitalisée, la France doit
sa relativement bonne fécondité aux restes d'une belle politique
familiale et au renfort de l'apport migratoire. Pourtant une femme
sur deux dit vouloir un enfant de plus mais y renoncer pour des
raisons économiques. Le niveau de vie des familles baisse de
10 % à l'arrivée de chaque enfant. Les enfants pauvres s'entassent
dans des zones et des écoles ghettos.
Pour allier croissance économique et cohésion sociale, la France
doit faire une réévaluation critique de sa politique familiale. Au
ciblage social inefficace, ne faut-il pas préférer une politique familiale
à vocation universelle ?