Et si seulement...

«- C'est si bon de dormir, n'est-ce pas ?
- Je ne dormais pas...
C'est vrai, je ne dormais pas. Je ne pensais pas non plus, et
cette léthargie, je le confesse, avait quelque chose de délicieusement
tiède et agréable, d'où j'avais envie de sortir
avec mauvaise humeur. Ce n'est pas une infirmière, ni une
aide soignante ; elle ne porte pas la blouse. Une femme
mûre, brune, les cheveux à peine grisonnants aux tempes et
tirés en chignon sur la nuque. Elle ne se teint pas ; peut-être
qu'elle s'accepte. Et elle n'a pas tort. La cinquantaine, avec
un rien de distinction naturelle, en partie due à un sobre
tailleur gris. Je ne l'ai jamais vue ici ni ailleurs. Une brusque
pensée avortée, trop rapide pour être douloureuse, me fait
baisser les yeux sur sa poitrine : elle ne porte pas l'insigne de
la croix. C'est le gris qui m'y a fait penser soudain, dans ma
demi conscience. Non, le moment n'est pas encore venu.
- Qui êtes-vous ?»
Hélène Dacourt est hospitalisée, et pendant sa convalescence,
elle fait la rencontre de Marie-Anne, une bénévole
venue réconforter des personnes n'ayant pas de visite.
De par son style précis et attachant, l'auteur nous narre le
récit d'une existence tumultueuse, à la fois réaliste et rempli
d'humour...