La médecine de l'art : conservation des calligraphies et peintures chinoises en rouleaux à partir des textes de la dynastie Ming (1368-1644)

Le remontage [d'une oeuvre endommagée] est comparable à la consultation d'un médecin par un malade gravement atteint : il se remettra grâce à la compétence d'un bon médecin, mais mourra à cause de la prescription d'un mauvais praticien. [Quand] on chérit les calligraphies et les peintures, on ne peut pas ne pas approfondir l'art du montage (Zhou Jiazhou, Traité de montage).
Trop rares sont les Occidentaux qui savent que les anciens Chinois se souciaient déjà au 8<sup>e</sup> siècle de la restauration de leurs oeuvres d'art sur soie et papier. Entre le 16<sup>e</sup> et le 18<sup>e</sup> siècle, les lettrés, particulièrement préoccupés par la destinée de leurs collections, élaborent une éthique de la conservation-restauration qui n'a rien à envier aux considérations les plus modernes. De la conception même du rouleau aux vertus insectifuges des bâtons d'enroulement, en passant par les conseils de manipulation, le maître mot est la prévention.