L'enfant du Tage

Le surnaturel ne verse jamais, ici, dans l'horreur facile : on dirait, au
contraire, qu'il vient en quelque sorte couronner et récompenser les personnages
qui ont su se mettre en harmonie avec la nature. Par leurs
connaissances, leur attention, leur amour. L'amour, justement, est ici la
grande affaire. Un amour qui est harmonie, recherche peut-être d'un paradis
perdu, d'une entente parfaite. Raffinement, aussi, dans le goût, dans les
manières. Raffinement qui reste toujours de bon ton, ne va jamais jusqu'au
snobisme. Un certain goût de l'élégance, aussi bien physique qu'intellectuelle
et morale.
Voilà, me semble-t-il, les traits marquants de ce livre, et de son auteure.
Ajoutons que le style, à l'image de ce qu'il tend à exprimer, est simple et
sans afféterie. C'est vous promettre, à la lecture, un plaisir sans mélange,
qui vous mènera de surprise en surprise, et vous laissera, en fin de compte,
un sentiment de bonheur diffus : car, effectivement, toujours l'inattendu
arrive, et tout n'est pas pour le pire dans le pire des mondes. C'est peut-être
le message, s'il faut en trouver un, que nous transmet ici Agnès Bouvel.
Joseph Bodson