L'amour dans les Géorgiques de Virgile ou L'immanence du sacré dans l'être

Les Géorgiques se présentent au premier abord comme une
oeuvre didactique concernant les cultures et l'élevage. Or l'amour y
joue un rôle essentiel. Il constitue l'ossature même de l'oeuvre et en
détermine les différents aspects selon l'échelle hiérarchique des
êtres vivants. L'unanimisme virgilien entraîne dans les turbulences
de l'amour toutes les composantes de l'univers, dans la quête du
bonheur, qui est accès à l'immortalité. La volonté du poète
d'épouser les modalités du cosmos jusque dans ses arcanes se
remarque dans la composition même de l'oeuvre, une composition
épicycloïdale sur un cercle déférent, qui rejoint les conceptions
modernes de l'univers, élaborées par les physiciens et les
mathématiciens.
La sacralité qui s'impose au cosmos est-elle conçue comme une
puissance transcendantale ? Notre étude nous a convaincu de son
immanence dans l'être. Nous avons pu, chemin faisant, préciser les
fonctions archétypales des divinités traditionnelles, ce qui nous
achemine sur les pas de la psychologie de Jung.
Nous donnons dans l'appendice des fragments significatifs de
l'orphisme et de l'épicurisme, dans le cadre du syncrétisme
philosophico-cultuel de Virgile.