Tunisie : deux cheikhs et un discours halal

Tunisie
Deux cheikhs et un discours halal
Avec d'une part « la perte quasiment complète de la fiction d'une économie nationale qui ne laisse plus guère que le champ culturel comme domaine où puissent se déployer les fantasmes de pureté, d'authenticité, de frontières et de sécurité », et d'autre part le glissement spectaculaire de l'éthique à la matérialisation des civilisations, les fidèles des deux domaines politique et religieux se sentent très concernés par le changement et l'implication dans le projet de choc contre choc, agression contre agression et programme contre programme. Le discours politique, dans les sociétés dites archaïques ou dans celles qui ont effectué une longue marche vers la modernisation, est la vitrine par excellence où se manifestent ces fantasmes.
En Tunisie postrévolutionnaire, ce discours, nourri consciemment ou inconsciemment par des lobbys médiatiques, a réveillé les « mauvais esprits », que ce soit chez les croyants comme chez les non-croyants. Il a divisé le pays entre les gens du Livre (ahl-el kitab) et les gens de Bourguiba. Mais les deux « courants » utilisent un discours halal pour le même objectif : manipuler la masse et gouverner dans le harem (l'illicite).