Psychanalyse, n° 12

On peut estimer qu'une forte proportion de psychanalystes
n'appartient à aucune association. Les raisons de cet état de
fait sont diverses, mais on peut sans doute y repérer un
symptôme : la défiance à l'égard d'une organisation quelquefois
peu encline à prendre en compte, sans ostracisme,
ce qui se passe dans le champ d'à-côté. La loi 52, qui entend
ficher les psychothérapeutes, et dont la logique risque
d'aboutir à prédiquer qu'un psychanalyste est un psychothérapeute,
va peut-être pousser certains de ces psychanalystes
«sans attache» à se préoccuper d'une appartenance
associative. Cela ne sera pas un progrès, parce que l'agrégation
aura lieu sous la contrainte et pour des motifs d'opportunité
et d'assiette professionnelle. Ce constat est cependant
l'occasion d'une remarque qui, espérons-le, se révèlera
décisive dans l'avenir : la passe, en tant qu'expérience visant
à authentifier le désir de l'analyste, soit ce qui le soutient
dans son acte, requiert, pour avoir lieu, un support collectif
(passeurs, membres du cartel) impensable en dehors
d'une association à visée d'École. Ainsi, la passe, sans se
confondre avec une garantie administrative, est le moyen
qui s'offre à chaque analysant devenant ou devenu analyste,
de savoir ce qu'il en est de ce franchissement, selon une procédure
qui, distincte de sa cure, ne jure pas avec.