A partir de rien : esthétique, poétique et politique de l'infime

Depuis une perspective décentrée sur les États-Unis
d'Amérique, le compositeur Steve Reich, l'artiste On
Kawara, les écrivains David Antin, Kenneth Goldsmith,
Caroline Bergvall et Rosmarie Waldrop ont créé des oeuvres
qui sont aussi des contre-discours par un flirt avec rien. Ils
envisagent le rien comme un moteur , «un moteur-désir»,
dirait Duchamp.
Avec la musique, l'art et l'écriture, cet essai étudie des
esthétiques, poétiques et politiques du «rien dense», celles
qui se tiennent au plus près de l'expérience.
Ce qui est apparemment vide (de sens, de contenu, de
forme) mobilise le lecteur, le regardeur, l'auditeur en ne
lui proposant pas ce rien-là comme un renoncement ou
un ressassement, mais comme un projet en cours et une
intervention.
Il convient donc d'entendre «à partir de rien» comme
un départ , dans le double sens de ce mot : une façon de
commencer et, ce faisant, de se dégager de l'idée que «rien»
annule le sens.