Le trottoir au soleil

«À soixante ans on a franchi depuis longtemps le solstice
d'été. Il y aura encore de jolis soirs, des amis, des
enfances, des choses à espérer. Mais c'est ainsi : on est
sûr d'avoir franchi le solstice. C'est peut-être un bon
moment pour essayer de garder le meilleur : une goutte
de nostalgie s'infiltre au coeur de chaque sensation pour
la rendre plus durable et menacée. Alors rester léger
dans les instants, avec les mots. Le solstice d'été est
peut-être déjà l'été indien, et le doute envahit les saisons,
les couleurs. Le temps n'est pas à jouer ; il n'y a pas de
temps à perdre.»
En choisissant le côté du soleil malgré toutes les ombres,
Philippe Delerm distille dans ces brefs récits le temps
qui passe. Il nous livre mieux que personne l'essence de
ces petits riens qui composent la vie.