Baobabs

Des explorateurs mentionnent pour la première fois
au XVIII<sup>e</sup> siècle les baobabs, leur taille et leur circonférence
extraordinaires, leur aspect bizarre avec cette crinière
de racines surgissant en haut d'un tronc en forme de
rhizome. Aujourd'hui encore, les botanistes se posent
bien des questions. Les plus beaux spécimens seraient
très anciens, peut-être âgés de 1 000 ans, mais personne
n'a pu le vérifier car ils deviennent creux en vieillissant.
Il y a aussi des récits mystérieux de combustion spontanée
de l'arbre qui soudain devient la proie des flammes.
Là où ils poussent, les baobabs font souvent partie des
mythes et des légendes. Bien des populations africaines
croient que les esprits de leurs ancêtres y trouvent refuge.
Dans le mythe de la création, chaque animal reçut
du Grand Esprit son arbre, et le baobab fut donné
à l'hyène qui, dégoûtée, le rejeta. Il retomba sur le sol
dans le mauvais sens et c'est ainsi qu'il devint «l'arbre
à l'envers» avec ses branches tordues comme des racines.
Des huit espèces recensées, six n'existent qu'à
Madagascar. Une autre espèce pousse dans trente
et un pays d'Afrique tandis que la dernière est native
d'Australie. Des spécimens ont été transplantés ailleurs,
notamment aux Antilles. La forêt de baobabs la plus
célèbre et la plus photographiée, avec une centaine
d'arbres, se trouve aux environs de Morondava ; c'est
la célèbre Allée des baobabs qui est à juste titre largement
célébrée dans ce livre.
Thomas Pakenham, le chroniqueur des arbres
remarquables, éprouve depuis longtemps une véritable
passion pour ces merveilleux représentants du monde
végétal. Dans ce livre, il a enfin pu laisser libre cours
à ses sentiments.