Stendhal et le style

Toute sa vie, Stendhal ne cessa de réfléchir à la délicate notion de
«style», pensée comme un référent esthétique, ou comme une
référence critique. Lecteur, il vilipende les ouvrages écrits dans un
style enflé et «chargé à couler de sentiments et d'images», mais
s'enthousiasme pour les écritures «naturelles», «lisses» et «simples».
Et malgré sa méfiance pour les métaphores, c'est par une image qu'il
précisa son idéal : «Le style doit être comme un vernis transparent : il
ne doit pas altérer les couleurs ou les faits et pensées sur lesquels il est
placé».
Ce volume, qui propose les Actes d'un colloque tenu en Sorbonne en
mars 2004, a choisi de présenter à la fois des études sur le style de
Stendhal écrivain et des études sur les théories beylistes sur le style -
il est, en cela, une première : la critique stendhalienne, si riche, n'ayant
encore jamais abordé le sujet de façon systématique. Littéraires et
stylisticiens dialoguent pour essayer de préciser l'analyse d'un objet,
toujours infini, mais plus particulièrement fuyant dans le cas d'un
écrivain aussi polygraphe et aussi imprévisible que Stendhal.