Les frères Himmler : histoire d'une famille allemande

J'avais quinze ans quand l'un de mes camarades de classe me demanda, en
cours d'histoire, si j'étais apparentée à «ce Himmler-là». Je dis oui, avec une
boule dans la gorge. Je savais qui avait été Heinrich Himmler, mon grand-oncle.
Je savais que cet «assassin du siècle» était responsable de l'anéantissement des
Juifs d'Europe et du meurtre de millions d'autres personnes. Dès mon enfance,
mes parents m'avaient procuré des livres sur l'époque nazie. Bouleversée,
je découvrais en pleurant l'échec de la révolte du ghetto de Varsovie, le destin
des émigrants, leur combat pour survivre, les enfants cachés. Plus tard, tout au
long de mes études de politologie, le passé allemand constitua l'un des principaux
thèmes de mes recherches. J'évitais cependant de me pencher sur ma propre
famille.
Katrin Himmler mène une enquête passionnante, qu'elle dédie à son
fils, né de son union avec le descendant d'une famille juive survivante du
ghetto de Varsovie. Sans jamais se départir de son questionnement personnel,
l'auteur démonte l'histoire familiale et replace le personnage du
Reichsführer, maître absolu de la SS et architecte de la «Solution finale»,
dans le contexte d'une «bonne famille» de la bourgeoisie allemande, attachée
à la culture et aux valeurs traditionnelles, comme tant d'autres qui ont
soutenu, plus ou moins activement, le régime de terreur du Troisième Reich.