Je me souviens de Toulouse : une mémoire intime de la ville

Je me souviens de cinémas si enfumés
qu'on voyait à peine l'écran,
je me souviens des vieux marchés des
Carmes et Victor Hugo dont les toits
n'accueillaient pas encore des parkings,
je me souviens des embouteillages
de péniches sur le canal du Midi,
je me souviens qu'on dansait le twist
à l'Ubu, rue Saint-Rome,
je me souviens qu'on entendait parler
patois dans les rues,
je me souviens des aventures de Jacouti
et Catinou dans La Dépêche ,
je me souviens du Cinespoir où passaient
les pièces de théâtre interdites en Espagne,
je me souviens de la gare routière
sur la place du Capitole,
je me souviens des rails du tram dans
lesquels il valait mieux ne pas encastrer
la roue de son vélo,
je me souviens des photographes
sur les boulevards,
je me souviens du singe Victor
à la ménagerie des Plantes,
je me souviens des pêcheurs près
des abattoirs,
je me souviens des Italiens sortant leur
mouchoir lors les duos d'amour au Capitole,
je me souviens de Toulouse quand elle
avait des allures de gros bourg...
Et vous, vous souvenez-vous ?
Ce livre se feuillette comme un album de famille.
Bernadette Costa-Prades, journaliste, a recueilli
les témoignages de nombreux Toulousains évoquant
leur ville pendant les Trente Glorieuses. Une époque
confiante et pleine d'allant où les mots chômage et
principe de précaution étaient inconnus ou presque...