DES (Distilbène, Stilboestrol) : trois générations : réalités, perspectives

Le DES est la dénomination commune internationale d'un oestrogène
de synthèse, le diéthylstilbestrol, découvert en 1938 par le médecin et chimiste
anglais Charles Dodds. A l'époque, on estimait que les fausses
couches précoces étaient dues à la chute des hormones. Le DES est alors
considéré comme une «pilule miracle» permettant de les éviter. Le Dr
Dodds n'ayant pas déposé de brevet, de nombreux laboratoires l'ont fabriqué
dans le monde entier.
En France, il a été largement prescrit, sous les marques Distilbène<sup>®</sup> ou
Stilboestrol-borne<sup>®</sup>. 200 000 femmes ont ainsi été traitées et sur les
160 000 naissances, 80 000 filles ont été exposées au produit in utero. En
France, ces prescriptions iront de 1950 à 1977 avec un pic de 1967 à 1972.
Ce médicament était non seulement inefficace, il s'est avéré nocif, avec
des conséquences multiples, qui restent d'actualité, dans la vie des personnes
concernées.
Depuis 30 ans des recherches se poursuivent aux États-Unis, mais
aussi aux Pays-Bas, en France sur les conséquences du DES, nous permettant
d'actualiser nos connaissances.
Dès sa création en 1994, l'association Réseau D.E.S. France a eu
comme objectif prioritaire l'information des personnes concernées par le
DES.
En 1999, elle crée un Conseil Scientifique chargé d'actualiser les
connaissances sur les conséquences du DES et de leur prise en charge.
Cet ouvrage collectif aborde tous les aspects du DES : conséquences
et prises en charge, questions actuelles concernant la 3<sup>e</sup> génération, mais
également sa prise en compte par notre société et les leçons que l'on peut
tirer de cette histoire.
Le Distilbène<sup>®</sup> (DES) est une histoire exemplaire qui concerne maintenant
trois générations et intéresse toujours différentes spécialités : gynécologie,
obstétrique, gynécologie médicale et chirurgicale, mais
également andrologie, cancérologie...