Arènes. Vol. 1. Roquefort

On ne s'intéresse jamais assez au regard des photographes. Celui de Martine Chenais, bleu délavé, transparent comme les petits matins d'août, presque diaphane, hésite entre timidité et fermeté. Sa timidité - d'autres diront sa pudeur - lui permet de déverrouiller en douceur des portes qui, pour d'autres, demeureront toujours closes. Sa fermeté l'accompagne jusqu'au bout de ses projets, comme en témoigne ce livre.
Et, puisque l'image vaut toujours un discours, je sais qu'il y a, au moins, deux façons de présenter des photos. La première consiste à les engluer dans un fastidieux argumentaire technique qui, franchement, ne vaut que pour les "professionnels de la profession". La seconde, plus taiseuse, plus sensible et peut-être plus vraie, les ramène non pas au moyen qui a permis leur création, mais à leur but; la (...)