Les plus principalles et générales coustumes du duchié de Lorraine : texte inédit

En Lorraine, de même qu'en France, l'unité de législation demeura inconnue jusqu'au XIX<sup>e</sup> siècle. Si quelques esprits éclairés la souhaitèrent, généralement nos ancêtres eurent une ambition plus modeste. Au commencement des temps modernes, ils se bornaient à demander que la loi coutumière, locale ou générale, fût constatée d'une façon certaine et mise en écrit. Ce qu'ils voulaient par-dessus tout, c'était se reconnaître au milieu de la diversité et du chaos des usages ; c'était échapper aux défaillances de la mémoire, aux fraudes des praticiens et aux mensonges des enquêtes par turbes. Justiciables et tribunaux réclamaient donc avec instances une rédaction de la coutume, afin d'avoir une base assurée, les uns pour le règlement de leurs intérêts et les autres pour leurs décisions. A ces voeux si fondés et si unanimes il fut fait droit, sous nos ducs René II et Antoine, par les États, c'est-à-dire le Clergé, la Noblesse et le Tiers État.