Empreintes de l'euphémisme : tours et détours

L'euphémisme a toujours existé. Chez les anciens, il revêtait une importance
capitale et permettait ainsi d'éviter la mention d'une idée qui était signe de
mauvais présage. La notion de tabou qui sous-tend souvent l'euphémisme, et
la notion connexe de politiquement-correct trouvent tout naturellement leur
place dans cet ouvrage, ainsi que tous les phénomènes participant d'une visée
euphémique. L'euphémisme, qui consiste à dire moins, ou à ne pas dire, peut-il
être réduit à une simple variation discursive, ou bien finit-il par laisser une trace
dans la langue ?
Les vingt-deux articles qui composent cet ouvrage traitent de l'euphémisme,
un thème assez peu étudié, en convoquant des points de vue variés et
complémentaires : linguistiques, stylistiques, littéraires, sociologiques, etc.
L'intégralité des contributions prouve qu'une définition stricte de l'euphémisme
est difficile, et que les multiples modalités sous lesquelles il peut opérer font
justement toute la richesse de cet objet d'étude. Cet ouvrage contribue à définir,
à circonscrire ou à illustrer le fait euphémique, qui peut ainsi être qualifié de
processus cognitif, en ce qu'il permet d'éclairer la façon dont le réel se réfracte
dans le langage.