Bastion sous le vent : récit onirique

La Veuve de l'écrivain (Prix du Livre insulaire d'Ouessant), roman
épistolaire d'initiation et d'apprentissage, narrait l'aventure
sentimentale d'un jeune Corse au carrefour de plusieurs cultures.
Bastion sous le vent semble s'inscrire dans la suite d'une même
démarche : une confession poétique. Mais ce nouveau récit est de
facture plus complexe. Labyrinthique, il creuse son lit dans une
autre confession, celle de la mère et, étrangement, dans les
silences du père. Polyphonique, il nous fait entendre sur des
registres variés de langues et d'expression, les voix des villages du
narrateur, les chants d'une Cité sous le vent, si proche de l' italica
terra ferma , le discours lumineux des philosophes, la musique des
anges.
Il s'agit cette fois de reparcourir les chemins de l'enfance et de
l'adolescence, de surmonter les traumatismes d'une éducation
corse d'un autre âge, de s'affirmer contre une influence maternelle
prépondérante, de conquérir, enfin, avec sa langue, le territoire
d'une autonomie garante d'une création littéraire originale. Il y a
plusieurs entrées possibles dans ces récits de vie, fables et
stalvatoghji où l'auteur rend compte, tour à tour, avec lyrisme,
rage... et humour, de ses incursions oniriques dans le champ d'un
imaginaire singulier, de sa rencontre avec l'Histoire, du miracle
de ses découvertes à chaque étape d'une aventure spirituelle.