Portrait de l'écrivain en IUFM

À quoi peut servir un
écrivain à l'école et plus
particulièrement dans
un Institut universitaire
de formation des maîtres
? Réponse : à rien.
C'est le constat sans appel
que fait l'auteur de
ce livre dès le début de sa
résidence qui le contraindra
d'abandonner son
rôle supposé d'écrivain
et même sa fonction symbolique
devant des stagiaires,
futures professeurs,
presque totalement
ignorantes de la littérature
de ces trente dernières
années.
La tentation de tout
«laisser tomber» surmontée
le conduira sur
le banc de l'école où il
rencontrera les réussites
des ateliers du primaire
et la grande misère du
collège unique.
C'est à l'exemple de ces
enseignants (souvent
admirables) qui luttent
au quotidien contre ce
que l'on appelle improprement
«l'illettrisme»
qu'il reprendra espoir
et comprendra enfin
la vraie «demande» de
ses stagiaires hantées par
l'échec, mais aussi un
métier d'enseignant
en voie de paupérisation.
«Cette prise de conscience
de plus en plus "fine"
et distanciée de mon rôle
et de ma "mission"
ne m'empêchait pas toutefois
de penser que
la décision du ministre
de parier sur la littérature
n'était pas totalement
démagogique dans la
mesure où l'école - je
l'avais vérifié aussi - restait
bien le seul lieu d'espoir
pour une reconquête
possible.»
Dans le débat confus
instauré sur l'école, ce
témoignage sans concessions
apporte quelques
idées claires.