Une autre ville : poèmes

S'engager dans la lecture des poèmes de Vlada
Urosevic, c'est pénétrer dans la forêt des
prodiges. La forêt des images de ses poèmes
est l'univers inquiétant des miracles. Forêt humaine
et parfois inhumaine où tout nous parle, même le
monde muet des plantes et de la nature.
«Je vis/petit/entre des signes», écrit-il. Peut-être est-ce
justement cela la poésie... Quand tout fait signe à
celui qui passe... Quand tout ce qui nous entoure se
met à nous parler. Sans doute les poètes sont-ils les
mainteneurs et les praticiens de cette pensée
symbolique dont s'est dotée l'humanité depuis ses
origines et que la raison technologique aujourd'hui
tend à assécher, mais dont nous ne pouvons pas nous
passer. Car il nous faut «habiter le monde», comme
disait Hölderlin, lui trouver un sens à chacun de
nos pas et lui imprimer notre marque. Sa poésie
dit la conscience vive d'un monde menacé de
déshumanisation et de désastres écologiques.
La voix de Vlada Urosevic est certainement l'une
des plus fortes et des plus singulières de la poésie
européenne d'aujourd'hui.