Novelle. Vol. 1. Première partie I-XXVI. Nouvelles. Vol. 1. Première partie I-XXVI

Or, comme aucune dame n'était présente à nos
conversations, qui pût défendre la cause du sexe faible,
et que nous étions tous-naturellement portés à les accabler,
ne trouvant pas d'autre raison, nous cherchions à
imputer la faute de leurs erreurs à leur manque de cervelle.
Mais si le monde changeait et que les femmes
pouvaient avoir une bonne fois la baguette en main, si
elles pouvaient s'adonner aux activités tant des lettres
que des armes, dans lesquelles sans aucun doute nombreuses
parmi elles excelleraient, malheur à nous ! Je
crois bien qu'elles nous rendraient mille coups pour
un, et davantage encore, et qu'elles nous voueraient
quotidiennement à la quenouille, au fuseau, au rouet,
et nous relégueraient à la cuisine tels des gâte-sauce ; et
nous aurions sans doute la récompense méritée, étant
donné que nous, souvent sans raison et au-delà de
toute convenance, nous leur causons bien des torts et
les traitons fort cavalièrement. ( Nouvelle 1, 9)