Du poil et de la bête : iconographie du corps sauvage en Occident à la fin du Moyen Age (XIIIe-XVIe siècle)

La fin du Moyen Âge voit apparaître et se développer un ensemble d'images
tout à fait singulier, celles d'hommes et de femmes intégralement velus.
L'excès de poil, jusque-là apanage du diable et des démons dans l'iconographie
romane, devient dans l'art gothique le signe d'une vie en marge de
la civilisation.
En mobilisant des sources variées, l'auteur montre la diversité symbolique
des signes pileux dans les représentations médiévales. On comprend dès
lors l'évolution de l'iconographie, à partir du XIV<sup>e</sup> siècle, vers une humanisation
du corps et du comportement de l'homme sauvage. Ce dernier,
étroitement lié à la culture courtoise, reste un personnage des marges mais
devient parfois le vecteur d'une existence idéalisée, loin des tentations et
des corruptions de la vie urbaine. L'auteur va jusqu'à nous montrer que, par
un retournement spectaculaire porté à son comble autour de 1500, pilosité,
érémitisme et sainteté sont associés : la présence d'un pelage sur les corps
des saints devient un moyen de les distinguer du commun des mortels.
Remercions Florent Pouvreau de nous conter cette histoire du poil et de
la bête, ou comment dans cette période charnière, entre Moyen Âge et
Renaissance, le corps se trouve au coeur des questionnements sur l'altérité.