Du bon usage de la contractualisation en droit de la propriété littéraire et artistique

La contractualisation est une tendance
contemporaine qui traverse de
nombreuses branches du droit. Elle est
un procédé de régulation qui implique
la participation des acteurs privés à
l'élaboration et à l'évolution du droit. Cette
thèse a pour objet d'en vérifier la pertinence
et d'en déterminer la portée en droit de la
propriété littéraire et artistique, domaine en
principe dominé par l'ordre public, mais
sujet à une perte profonde de légitimité.
Traduisant aussi bien un recul de l'ordre
public qu'une véritable dynamique de
normativité, la contractualisation s'illustre
sur deux niveaux. Tout d'abord, dans le
rapport contractuel, la contractualisation
permet au titulaire d'un droit subjectif
de négocier l'exercice de ses prérogatives individuelles et de conférer, au mieux offrant,
une certaine liberté, une faculté ou un pouvoir d'agir qu'il pourra exercer en lieu et
place de son cocontractant. Elle est alors un vecteur renouvelé des droits subjectifs.
Ensuite, à l'échelon supérieur, la contractualisation apparaît comme un nouveau mode
de régulation. Les acteurs des milieux professionnels sont associés à l'élaboration
de la règle de droit, soit par délégation, soit par incitation. Cette contractualisation
complémentaire qui s'inscrit au coeur du droit objectif se destine à produire des normes
autorégulées reposant tout à la fois sur l'idée de flexibilité et d'adhésion volontaire.
Ces normes privées seront enfin réceptionnées dans l'ordre juridique à la condition
qu'elles réalisent un équilibre entre l'utilité économique de l'aménagement proposé et
la valeur sociale portée par la règle du droit imposé. Dans cette seconde perspective, la
norme contractuelle apparaît comme un modèle juridique qu'il convient d'encourager,
à mi-chemin entre la règle de droit spontanée et la règle de droit négociée.
Cet ouvrage a reçu le prix de thèse de la Fondation Aix-Marseille Université ainsi que le prix
de thèse des Éditions Lamy