Droit et prévention de l'avortement en Europe : les facteurs de risques de l'avortement, les conséquences médicales et sociales de l'avortement...

Droit et prévention de l'avortement en Europe
Cet ouvrage étudie l'avortement sous divers aspects, parfois inédits, et vise à fournir
les bases conceptuelles et juridiques à une politique de prévention de l'avortement. Il
ne s'agit pas d'un plaidoyer opposant un « droit à l'avortement » de la mère au « droit
à la vie » de l'enfant : cette dramatique dialectique entre liberté individuelle et dignité
humaine est une impasse. La liberté et la dignité ne sont que trop souvent des mots,
voire de simples slogans, qui recouvrent et dissimulent des réalités humaines sans les
saisir pleinement.
Ce livre se veut réaliste et se fonde sur une étude factuelle approfondie des causes et
des conséquences de l'avortement. Celles-ci incitent à considérer l'avortement non
pas comme une liberté abstraite, mais bien plus comme un problème social et de
santé publique, exigeant une politique de prévention. Une telle politique était
d'ailleurs voulue par Simone Veil qui refusait tout droit à l'avortement et n'entendait
en tolérer la pratique que comme un moindre mal. C'est aussi et encore l'approche du
droit international et du droit européen, l'un et l'autre offrant un support juridique
solide à une politique de prévention, et même à un « droit de ne pas avorter ».
Contre l'intention déclarée de Simone Veil, l'avortement est progressivement devenu
non plus seulement une tolérance, mais une liberté. Ce changement de perspective a
eu des implications profondes pour toute la société et a bouleversé l'ordre juridique
au-delà de la question du contrôle des naissances : il affecte d'autres droits et
principes, tels que l'interdiction des discriminations sexuelles et génétiques, les droits
à la vie, à la liberté de conscience, ou encore à la liberté d'expression et de manifestation. Chacun de ces aspects est étudié dans le présent ouvrage, avec une attention particulière pour la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme.
La situation des femmes ne peut être réellement améliorée, et le droit retrouver sa
cohérence, qu'en réintroduisant la question de l'avortement dans la perspective de la
prévention concrète, par opposition à la liberté abstraite. C'est ainsi que plusieurs pays
européens sont parvenus à réduire très sensiblement le recours à l'avortement.