Dictionnaire du personnel de la Cour des comptes de Napoléon : 1807-1808

Fondée par Napoléon, la nouvelle institution est très représentative
des élites de l'époque. Elle regroupe 104 individus venus d'horizons
divers. On y trouve une majorité d'officiers et d'employés des institutions
de l'ancien régime, des membres du Tribunat, en forte proportion
juristes de formation qui, bien souvent, n'auraient en sans la Révolution
qu'une carrière sans éclat, et des fils de familles nobles, nommés sur la
recommandation de personnalités proches de l'empereur.
Les 104 notices biographiques de ce Dictionnaire forment une
somme remarquable sur les membres de la Cour : sur leur famille, leur
carrière, leur fortune, leurs intérêts, les distinctions qu'ils ont reçues,
les sociétés auxquelles ils ont adhéré, leurs publications. L'importance
de ces notices varie. Si leur carrière avant leur nomination à la Cour
est en général connue, leur portrait demeure parfois incomplet, car les
sources relatives aux conseillers d'origine modeste sont insuffisantes.
Par contre, celles concernant les familles nobles ou de la grande
bourgeoisie sont beaucoup plus riches, car les archives - inventaires
après décès et contrats de mariage - donnent à leur sujet de précieuses
indications.
Ces notices sont précédées d'une étude préliminaire : l'auteur
y expose la nécessité d'organiser une Cour des comptes et souligne
la participation active de l'empereur à sa mise en place. Elle y donne
une symthèse des connaissances fournies par les notices. Une esquisse
des idées politiques des membres de la Cour est brossée. Si quelques
conseillers ont nettement soutenu l'action révolutionnaire, la plupart
d'entre eux se sont contentés de subir les différents régimes et ont
prêté sans état d'âme les serments d'allégeance de 1789 à 1815.
Au total, un dictionnaire quasi exhaustif sur les premières années de
cette institution dont l'importance de nos jours ne cesse de s'affirmer.