Ma vie chez Fiat : le parcours singulier d'un jeune ouvrier socialiste devenu l'un des dirigeants du groupe turinois

Ouvrier à quatorze ans, puis journaliste, l'auteur
représente à la Libération la Jeunesse italienne au
Comité italien de libération nationale et,
parallèlement, les Jeunesses socialistes italiennes auprès du Comité constitutif de
l'Internationale des jeunesses socialistes. Il entre à vingt-sept ans dans le Groupe
FIAT où ses fonctions lui permettront d'avoir, durant trente ans, des contacts
permanents avec les plus hauts niveaux de la hiérarchie de l'entreprise, dont
Giovanni et Umberto Agnelli.
Dans ce livre à la fois autobiographique et historique, il développe en détail cette
période particulièrement difficile pour l'entreprise : la guerre froide entre l'Union
soviétique et les États-Unis qui refusaient, à la Libération, de passer des
commandes à FIAT tant que ses ouvriers seraient en majorité communistes ; les
négociations avec Citroën qui n'aboutirent pas ; les grèves de «l'automne chaud»
qui incitèrent le Parti communiste à proposer un «compromis historique» à ses
adversaires politiques, compromis dont la vie fut malheureusement éphémère ;
les prémices de la période du terrorisme connue sous le nom d'«années de
plomb», où plusieurs dizaines de dirigeants de FIAT furent assassinés par les
Brigades rouges, ce qui plongea l'Italie dans la peur.
Tous ces épisodes - y compris la volonté des frères Agnelli d'aider à une plus
grande cohésion sociale en rapprochant patronat et syndicats ouvriers - sont
minutieusement décrits et l'auteur montre combien son parcours professionnel l'a
fait évoluer, sans toutefois remettre en question son indéfectible attachement au
monde ouvrier qui lutte depuis plus d'un siècle pour la reconnaissance de ses
droits et de sa dignité.