Bombarder pour vaincre : puissance aérienne et coercition dans la guerre

Parce que «les mauvaises stratégies prospèrent dans l'ignorance»,
Robert Pape propose une conceptualisation rigoureuse des ressorts de
la coercition afin d'orienter le choix des décideurs. S'il évoque le rôle des
armées de terre et de mer, Pape se focalise sur l'emploi de la puissance
aérienne. Elle est pour lui, de tous les instruments militaires, celui qui
offre le meilleur potentiel coercitif, à condition toutefois de l'employer à
bon escient, en renonçant aux chimères du bombardement stratégique.
Pour le politologue, c'est bien en privant l'adversaire des moyens de
conduire sa stratégie militaire qu'il sera contraint à prendre acte de la
vanité de toute résistance. À travers l'étude de 33 campagnes aériennes,
Robert Pape établit le rôle déterminant de l'interdiction du champ de
bataille et de l'appui aérien rapproché, qui avaient été quelque peu
éclipsés par la «renaissance de la puissance aérienne stratégique».
Même si certaines de ses conclusions ne manqueront pas de susciter le
débat, Bombing to win s'est imposé comme une référence indispensable
en science politique. Il est aussi devenu l'un des grands classiques de la
stratégie aérienne.