Mémoires de mineurs

Les mines ont fermé, mais il existe encore, en France, de nombreux
mineurs. Les mines ont fermé, mais elles tuent toujours et fascinent
autant. Les mines ont fermé, mais il serait injuste d'oublier ceux qui y ont
travaillé, souffert, appris, découvert qui ils étaient et d'où ils venaient.
Les mines ont fermé, mais les mineurs sont toujours là. Un peuple uni et
solidaire, auquel cet ouvrage unique tient à donner librement la parole
avant qu'il ne disparaisse.
Parce que les 45 000 mineurs encore en vie, dont 17 000 dans l'ancien
bassin du Nord-Pas-de-Calais, sont pour la plupart atteints de silicose, il était
nécessaire d'aller les rencontrer et les écouter chez eux, dans leur univers.
Au fil de dizaines d'entretiens, ces gueules noires se livrent avec vérité et
pudeur, franchise et sincérité. Ils nous emmènent bien sûr dans la
poussière du fond, l'enfer des coups de grisou, mais ils nous racontent
aussi la vie au jour dans les ruelles des corons, évoquent le rôle central
des femmes, les fanfares, les bistrots... Grâce à eux, surgit une autre facette
de la grande Histoire : les congés payés, la Seconde Guerre mondiale,
les nationalisations, la bataille du charbon, l'arrivée du pétrole, jusqu'à
la fermeture des mines.
De l'époque des Houillères, il ne reste plus aujourd'hui que quelques
chevalets décoratifs, des corons qui survivent mal à l'ennui. Heureusement,
demeure l'indéfectible fierté du peuple mineur. Ce livre n'est pas une
somme historique de plus sur la mine, mais la mémoire vive et intense de
ceux qui l'ont faite.