L'orientalisme français en pays d'Annam (1862-1939) : essai sur l'idée française du Viêt Nam

Dès le début du temps colonial français en Cochinchine,
puis en Annam et au Tonkin, nombreux furent les résidents qui
s'intéressèrent à l'histoire, à la culture et à la langue «annamites» :
fonctionnaires, marins et officiers, missionnaires, livrèrent dans les
premières décennies de la conquête une riche moisson.
L'institutionnalisation de l'étude des peuples et des cultures de
l'Indochine française fut concrétisée au début du XX<sup>e</sup> siècle avec
la création de l'École française d'Extrême-Orient. Tout au long des
décennies suivantes, l'EFEO constituera un vivier de chercheurs
passionnés, qui donneront à l'Orientalisme français en Annam ses
lettres de noblesse.
Professionnels ou «amateurs», ces chercheurs font l'objet de
l'étude présentée ici. L'objet des recherches, et le regard porté
sur celui-ci, renvoient aux Orientalistes une image d'eux-mêmes
passionnante, au prisme des influences locales et des préjugés
métropolitains auxquels ils n'ont pas toujours échappé.