Langue française, allophonie et défis sociaux : le cas des adultes en situation post-migratoire

Au fil des vagues migratoires successives à destination de la Belgique, la diversité linguistique s'accroit sans cesse en
Communauté française. Ces langues de l'immigration constituent un défi permanent pour les structures
d'apprentissage de la langue d'accueil, en l'occurrence le français.
Cette recherche s'est centrée sur le public spécifique des adultes allophones en contexte postmigratoire (installation
depuis un minimum de cinq ans ; statut régularisé).
Quels rapports les personnes d'origine immigrée entretiennent-elles avec la langue d'accueil et les langues dites
d'origine ? Quel impact ces rapports ont-ils sur l'apprentissage de la langue française, en termes de pédagogie, mais
également en termes d'attentes et de motivations chez les stagiaires ? Quelles fonctions les apprenants d'origine
étrangère attribuent-ils aux cours de français ?
Les recherches qualitatives dévoilent la prépondérance d'une fonction socialisatrice : apprendre le français n'est
bien souvent qu'un prétexte pour sortir de chez soi, surtout dans le cas des femmes, et aller à la rencontre de la
société belge francophone.
En ce sens, il semble nécessaire d'adapter aux réalités de terrain les niveaux d'exigence et les compétences visées
sur base d'un réalisme empirique qui confèrerait à l'apprentissage de la langue française toute sa dimension d'espace
d'échanges et de facteur d'intégration soucieux de l'épanouissement individuel.