Blanche Selva : naissance d'un piano moderne

Si le nom de Blanche Selva est aujourd'hui inconnu du grand public,
il est bien présent dans le milieu musical, pour peu qu'on s'intéresse
à l'histoire de la technique pianistique ou à celle du monde musical
français du premier tiers du XX<sup>e</sup> siècle.
Elle fut une concertiste admirée pour la puissance de son jeu qui
préservait la clarté des articulations et de la polyphonie. Considérée
comme une spécialiste de Bach, elle fut proche de Vincent d'Indy,
Isaac Albéniz, Albert Roussel, Déodat de Séverac, Joseph-Guy
Ropartz, Georges Martin Witkowski, René de Castéra, Paul Dukas,
Roger-Ducasse, Albéric Magnard, compositeurs dont elle créa les
oeuvres.
Nommée à l'âge de dix-huit ans, par Vincent d'Indy, professeur de
piano à la Schola cantorum, elle y développe une pédagogie personnelle
qui intègre la toute nouvelle gymnastique rythmique prônée
par Émile Jaques-Dalcroze et publie une imposante méthode de
technique pianistique qui soutient le développement d'un réseau
national pour la pratique de sa pédagogie.
Conférencière, elle fut aussi musicographe et publia des livres sur
la sonate, des articles pour diverses revues ainsi qu'une biographie
de Déodat de Séverac. Elle taquina la composition et entretint
une importante activité épistolière où se mêlent les amitiés et les
questions professionnelles.