Je porte plainte

Je vais le faire pour toi Cécile, pour te sauver en t'emmenant
avec moi sur la crête. Tu laisseras tes mots danser
seuls sur l'écran, tu abandonneras tes repères caillés pour
des chaussées océaniques. Viens, fusionne avec moi, je serai
ton nègre, ta marchande de voyelles, ta chair en costard.
Viens, affûte une dernière fois mes armes paresseuses, et
laisse-toi bronzer sous mes réverbères. Si tu as la trouille,
je te tricoterai du chahut dans ta logique et... logiquement,
ça marche.
Au fil des mots, ce récit s'apparente à un monologue
halluciné dans lequel chaque corridor, chaque nouvelle
rencontre conduit à une impasse relationnelle.
Pour savourer pleinement les méandres de l'univers
métaphorique et poétique de Cécile, il faut accepter
de se laisser guider par la narratrice, comme jadis
on s'abandonnait aux délicieux frissons du train
fantôme.