Risquer sa vie pour une course : parcours de vie d'une jeunesse brésilienne accro aux courses illégales de voiture et de moto

Les auteurs accompagnent et interrogent cinq runners illégaux et
leurs groupes afin d'analyser plus profondément les rapports qu'ils
entretiennent avec le risque, devenu une sorte de «thème-démon» de
l'époque contemporaine. D'où tire-t-il sa puissante force d'attraction ?
De l'acceptation des acteurs de se blesser, voire de mourir pendant une
course, ou plus précisément des deux tendances fondamentales que
les participants semblent confondre dans leurs conduites et dans leurs
actes : la tendance à se mettre en jeu et celle à se mettre à mort.
La recherche ethnographique a permis de souligner le vécu très
ludique des courses de la part des «runners sauvages», vécu qu'il
convient d'analyser à la lumière de l'importance de la compétition, du
défi et du courage pendant ces évènements. Il n'y a pas, dès lors, de la
part des ces jeunes, de contradiction entre la surestimation de soi et
la sous-évaluation du risque, dans un contexte socioculturel qui d'un
côté conjure les risques et multiplie les assurances de toutes sortes, et,
de l'autre, valorise le succès matériel, l'initiative, la performance et la
reconnaissance personnelles.