Une rose en hiver

Déchiré entre son goût effréné pour les nourritures terrestres
et ses élans mystiques, un vieil écrivain protestant
rencontre Salomé, une très jeune fille dont la beauté un peu
animale le foudroie. Mais ce n'est pas seulement le corps de cette
créature hors du commun, qui ranime les braises de son coeur usé,
c'est aussi son âme ardente : également protestante, Salomé veut
en effet devenir ministre du culte. Entre le vieil homme et la jeune
fille, un amour fou va alors naître et se développer, dans l'illusion
d'accéder à un monde totalement lumineux, délivré du péché.
Salomé, trop fragile, trop tendre, ne survivra pas à cette aventure,
qui a toutes les apparences d'une épreuve initiatique, tandis que
l'écrivain, lui, en sortira transfiguré.
Écrit dans une langue somptueuse, cet extraordinaire roman
d'amour renoue avec les grandes passions de la tragédie classique.
C'est aussi un livre rutilant d'images et de sensations concrètes,
ancrées dans les paysages d'une campagne un peu mystérieuse
ou dans les dédales des rues de Strasbourg, cette ville française
dont Alexandre Astruc souligne le caractère profondément
germanique. Tout le livre d'ailleurs, par-delà sa trame romanesque
exaltante et douloureuse tour à tour, constitue une méditation
inspirée sur le destin mêlé de la France et de l'Allemagne,
ainsi qu'une célébration de l'Europe baroque.