Deleuze épars : approches et portraits

Il y a dix ans, Gilles Deleuze est mort. Quelques ami(e)s se reprennent à parler de lui,
et du chantier qu'est devenue, dans le monde entier, son oeuvre, avec une sobriété
(Jean Pierre Faye) qui tolère l'émotion du souvenir (Jeannette Colombel, Roger-Pol
Droit, Pascale Criton) et s'engage dans les chemins d'une érudition teintée d'humour
(Philippe Choulet, Richard Zrehen, Charles J. Stivale, André Bernold) ou d'humeur
polémique (Arnaud Villani), voire dans ceux du rêve (Raymond Bellour). Un ethno-musicologue
(Jérôme Cler) explique comment Mille Plateaux l'ont fait devenir ce qu'il
est. Jean-Claude Dumoncel nous fait les honneurs du nouveau jardin, deleuzien, de
Raymond Roussel. Jean-Luc Nancy ouvre enfin la méditation conjointe de Deleuze
avec Derrida, et René Schérer explore ce que peut être un mysticisme athée. Simon
Hantaï envoie un Pli en triple état, Hélène Bamberger et Marie-Laure de Decker des
photos inédites. Richard Pinhas nous montre un manuscrit qui lui fut confié. Timothy
S. Murphy scelle le tout de sa minutieuse bibliographie.
Deleuze épars ? Non. Deleuze est tout entier rassemblé dans les multiplicités d'une
intempestive audace. C'est nous qui sommes épars autour de lui.