De la gratuité

Par tradition, la «culture de la gratuité» est associée
à l'envers du marché, à un mode alternatif de
penser les échanges, à des démarches d'émancipation
sociale, au don. Mais elle subit aujourd'hui de
puissants effets de brouillage. Le développement
d'Internet entremêle inextricablement vraies et fausses
gratuités, les stratégies marketing annexent
sans complexe l'attrait du mot «gratuit», les télévisions
ou les journaux «gratuits» sont le cheval de
Troie du tout-marchand publicitaire, alors que de
grandes gratuités sociales comme l'école publique
ou l'assurance maladie subissent une crise grave et
que la mécanique du profit semble occuper tout
l'horizon. Quels enjeux de civilisation couvent sous
cette question ? À quel prix peut-on encore dire
avec Bruce Sterling : «Gratuit comme l'air, l'eau...
gratuit comme la connaissance» ? Jean-Louis Sagot-Duvauroux
s'efforce de répondre à ces questions
en proposant une éthique de la gratuité.
Jean-Louis Sagot-Duvauroux est l'auteur (entre autres) de :
On ne naît pas noir, on le devient (Albin Michel, 2004).
Il anime une compagnie théâtrale entre Bamako et Paris.
«C'est une réflexion stimulante, à contre-courant, qui permet
de reconsidérer de manière originale tous les aspects
de la vie en société.»
Robert Solé, Le Monde , à propos de Pour la gratuité
paru en 1995