Une approche afro-kame de la théologie

Si une vérité théologique ne compte que dans la mesure où elle
résulte de la réflexion de l'Occident chrétien, il faut alors se poser la
question suivante : de quel côté se situe le Créateur de ce qui est et de
ce qui n'est pas encore ? Dans «Une approche afro-kame de la
théologie», cette préoccupation qui relève de l'épistémologie
théologique amène à soutenir un point de vue susceptible de susciter
un débat d'idées auquel se trouve invitée l'élite africaine.
Théo-logie en tant que traduction littérale et littéraire d'une expression
antique africaine : Maalu-a-Maweja, Mambu ma/ya Mungu, Makambo
ma Nzambe..., ne peut et ne saurait être réduite à : Maalu-a-Krishna,
Maalu-a-Christo «Christologie» ou Maalu-a-Bena Yuda «Judaistique».
Pour nous, la théologie est synonyme de Théologie Classique
Africaine, donc de Théologie Pharaonique, Méroitique, Lunda, Kongo,
Zulu, Luba, Dogon, Bambara, Kuba, etc. À partir de la langue luba, on
devrait parler de la théologie comme de maalu a Mvidi Mukulu (Ntr et
logos, maalu a Maweja, maalu a Mufuki). C'est-à-dire «les affaires,
les problèmes, les choses relatifs au Créateur et les réflexions
humaines sur Celui-ci». Ces maalu a Maweja qui sont aussi le
correspondant bantu du mot «religion» se laissent mieux traduire par
théologie en tant que discours de et sur Dieu.
L'approfondissement de cette théologie dans la civilisation de la
Vallée du Nil au début du IIIe millénaire et à la fin du Ier millénaire
avant notre ère, permet de mesurer l'importance d'une pensée
universaliste résultant du long et permanent dialogue du Créateur
avec les nations africaines. Là se dessine un nouvel horizon, celui de
la contemplation et de la pratique de la vérité, de la fraternité universelle,
de la justice et du dialogue interculturel.