Le prince et l'hypocrite : éthique, politique et pulsion de mort

Qu'entend dire Freud lorsqu'il parle des «facteurs révolutionnaires» de
la psychanalyse ? Comment cette déclaration engage-t-elle un lien entre
éthique de la psychanalyse et question politique ?
Voilà les interrogations auxquelles cet essai tente de répondre en
montrant que la psychanalyse ne saurait rester indifférente au «malaise
dans la civilisation». Son travail et son destin lient intrinsèquement
«devenir révolutionnaire des gens» et enjeux de l'histoire.
Le Freud politique n'est donc pas à chercher dans une conception
spécifique de la politique, mais dans son engagement pour inscrire
celle-ci au coeur même de la théorie psychanalytique en introduisant
l'hypothèse de l'existence des pulsions de mort, ouvrant du même coup
le problème des enjeux civilisationnels qui se posent dans la question
de la liaison des pulsions de vie et des pulsions de mort.
Cette lecture rompt avec la tentation de réduire l'inconscient au social
et revient sur les interprétations édulcorées de la pulsion de mort, pour
rendre à la théorie freudienne sa dimension subversive.
C'est ici que Freud et Marx sont appelés à se rencontrer, dans la
perception qu'ils ont du jeu des contradictions et de l'existence d'un
réel incompressible qui obligent chacun non pas à se soumettre, mais à
inventer les voies de sa libération.