Les sonnets à Orphée : écrits comme tombeau pour Véra Ouckama Knoop. Die Sonette an Orpheus : Geschrieben als ein Grab-Mal für Wera Ouckama Knoop

Les sonnets à Orphée : écrits comme tombeau pour Véra Ouckama Knoop. Die Sonette an Orpheus : Geschrieben als ein Grab-Mal für Wera Ouckama Knoop

Les sonnets à Orphée : écrits comme tombeau pour Véra Ouckama Knoop. Die Sonette an Orpheus : Geschrieben als ein Grab-Mal für Wera Ouckama Knoop
2019125 pagesISBN 9782371775862
Format: Broché

Les sonnets à Orphée

Écrits comme tombeau pour Véra Ouckama Knoop

Die sonette an Orpheus

Geschrieben als ein Grab-Mal für Wera Ouckama Knoop

De même qu'Alban Berg treize ans plus tard dédiera son concerto pour violon « à la mémoire d'un ange », Rilke compose en 1922 - et comme d'un seul souffle en trois semaines - les 55 sonnets constitutifs des Sonnets à Orphée à la mémoire (comme « tombeau », écrit-il en sous-titre du cycle) de Véra Ouckama Knoop (1900-1919), jeune danseuse qu'il avait prise en affection et qu'il incarne dans la figure d'Eurydice, pour dire que, face à la mort, il n'est d'espoir que de re-vie. Cette dernière, seul le chant du poète archétypal - le chant d'Orphée -, permet de l'envisager, au sens premier du verbe : ainsi voit-on la rose refleurir chaque année ; ainsi la fleur coupée, languissante, recouvre-t-elle sa vigueur pour peu qu'on la dispose dans un vase et l'humecte ; ainsi le printemps se révèle-t-il riche de promesses au sortir de l'hiver ; ainsi l'eau des aqueducs longe-t-elle, vive et perpétuelle, les tombeaux pour alimenter la bouche volubile des fontaines. Une strophe parmi d'autres dans le recueil résume peut-être cet espoir et cette sérénité :

Seul qui mangea avec les morts

du pavot, leur pitance,

saura des plus légers accords

garder la souvenance.

Comme si la mort seule nous unissait au chant. Comme si la mort seule en était l'origine.

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