L'avatar est l'avenir de l'homme : vers la dématérialisation : essai

La révolution numérique, chacun en est désormais convaincu,
bat son plein. La photographie, la musique, la vidéo sont
ancrées dans l'ère du bit. Images, sons, écrits, argent, flux de
communication, rien ne semble échapper à la frénésie de la
dématérialisation. La messagerie instantanée prend le pas sur
la parole. Le e-commerce, le e-tourisme, la e-administration
rendent progressivement inutiles et obsolètes les anciens modes
de visite, de réservation et d'achat.
Enfin, avec les réseaux sociaux, le web 2.0 et ses sites
collaboratifs et interactifs, l'homme en vient à se partager lui-même
en offrant à des communautés organisées en ligne ses
compétences, ses connaissances et son temps. Pour ce faire, il
utilise des pseudos, des représentations virtuelles : des avatars .
Parallèlement, la surpopulation, la surconsommation, le culte de
la croissance mènent indubitablement l'humanité à une impasse.
Le risque de condamnation de notre espèce ainsi que de toute
forme de vie terrestre est réel. L'homme civilisé, auteur malgré
lui de ce crime potentiel, semble bien démuni pour le combattre.
La migration de la civilisation du monde physique vers le monde
virtuel (moins polluant et moins consommateur de ressources)
ne serait-elle pas une parade que la nature aurait trouvée pour
préserver la vie ? Dans ce cas, l'homme, en tant qu'individu
physique, a-t-il encore une place dans ce nouveau monde
virtuel ? Les avatars, nos représentants immatériels, ne seront-ils
pas, in fine , plus adaptés que nous pour y grandir et y évoluer ?