Une mère et son fils

Sujet sulfureux et tabou auquel Jeanne Terracini ose s'affronter : un fils
peut-il devenir le pire adversaire de sa mère et réciproquement, d'éloignement
en éloignement, une mère peut-elle renoncer à l'amour maternel ?
Incompréhension mutuelle, parfois jusqu'à la nausée.
Les personnages de ce récit, à mi-chemin de Franz Kafka et d'Albert
Camus, tels des maillons isolés de la chaîne générationnelle, restent nimbés
de mystère. Mais d'un mystère ordinaire, sans originalité, quelque chose
qui vient de loin, peut-être de la Guerre, mais que la narratrice se garde
bien de nous révéler. Une quête éperdue d'amour entre une mère et son
fils se mine peu à peu d'une façon inexorable et impitoyable au point qu'ils
se perçoivent comme des étrangers.
La grande romancière Jeanne Terracini partage avec Albert Camus, son
contemporain et ami, l'univers en miettes d'après guerre où l'individu
cherche à tâtons des valeurs. Tragique et nihiliste, il devient tristement
opaque, étranger à l'autre, à soi-même, à ses parents, au lecteur.