Les collabos de l'Europe nouvelle

Les « collabos » de l'Europe nouvelle
« L'Europe nouvelle » : c'est ainsi qu'en 1940 les sirènes de la propagande qualifièrent le continent unifié de force par les armées du III<sup>e</sup> Reich. Si ce fut synonyme pour des millions d'Européens de dépendance, de réquisitions et de travail obligatoire ou forcé, ce fut aussi symbole d'espoir pour certains intellectuels français et belges qui voulurent y voir l'annonce d'une possible union européenne. Pacifistes rêvant d'en finir avec la souveraineté absolue des États, « techniciens » confiants dans les vertus d'un gouvernement économique, socialistes en quête d'une dernière utopie mobilisatrice : tous furent victimes d'une illusion qui les fit croire à la volonté européenne de Hitler, les rendant aveugles aux réalités monstrueuses de son ordre nouveau.
Tout à cette illusion tragique, les intellectuels européistes de Vichy continuèrent les réflexions commencées au temps d'Aristide Briand sur une fédération politique et économique. Avec parfois des expressions troublantes : « communauté de communautés », « organe de gestion supra-continental » ou « monnaie fédérale unique »...