Cahiers d'ARTES (Les), n° 5. Ecran et écriture mythique

On a toujours vu dans le cinéma une fabrique de
mythes, une usine de rêves. Le mythe, au sens
aristotélicien, synonyme de récit, de représentation,
était là dès les origines du cinéma. Avant que
le découpage n'existe, le récit fortement structuré
des mythes rendait possible, en un seul plan fixe et
frontal, le développement de l'art de raconter
dans des saynètes d'une durée moyenne de deux
minutes. L'histoire du cinéma n'a pas cessé, depuis,
d'investir dans les formes mythiques, des
formes qui racontent, et qui, ce faisant, activent
une deuxième fonction du mythe, sociale, partageable,
celle qui permet d'élaborer, dans un plan
symbolique, celui de la représentation, ce qui n'a
pas été élaboré dans le plan réel. A travers différents
genres audiovisuels et différents réalisateurs,
les articles ici réunis reviendront sur cette double
puissance des récits de type mythique, à la fois réservoirs
d'histoires et symboles au moyen desquels
une société se pense. Dans tous les cas, on va essayer
d'extraire des oeuvres analysées une question
actuelle, capable, en même temps, d'éclairer
l'histoire des formes cinématographiques et de
faire surgir ce «langage idéologique» que Greimas
avait repéré dans les mythes.