L'étendard en flammes

En 1268, un garçon de seize ans part à la reconquête
du royaume de son père disparu. Il est duc de Souabe,
bientôt peut-être roi des provinces allemandes, ou
empereur, comme son grand-père. C'est le dernier
des Hohenstaufen. Contre lui se dresse le duc
d'Anjou, soutenu par le pape, mais aussi l'égoïsme
des nobles allemands qui désertent un à un
l'expédition. Il échoue.
En 1961, un écrivain estonien qui a fui son pays pendant
la guerre, désertant l'armée allemande mais rejetant
l'invasion soviétique, part à la reconquête de sa patrie, par
les mots. Jamais nommée, l'Estonie est pourtant l'idéal
lointain que poursuivent la douzaine de romans historiques
écrits en exil par Karl Ristikivi (1912-1977), dont les sujets
visibles parcourent l'Europe du deuxième millénaire.
«Comme je n'avais rien à moi que je puisse présenter, j'ai
emprunté. Au lieu de mon histoire personnelle perdue dans
les confins, j'ai pris l'histoire de l'Europe. Parce que celle-ci
ne va pas se mettre à protester : elle ne sait même pas
que j'écris !»