Feuilles pour l'art, 1892-1919 : et autres textes du cercle de George

Vous menez là-bas le délicat combat qu'il faut, tout
d'avant-garde, écrit Mallarmé en avril 1895 à Stefan
George (1868-1933) pour le remercier du second tome
des Blätter für die Kunst. C'est en effet après des séjours prolongés
à Paris, où il avait été admis aux «mardis» du maître français,
que le jeune poète allemand décide, selon les termes d'un
poème ultérieur, d'«engager le combat dans sa triste patrie»
pour y imposer les nouvelles idées esthétiques du symbolisme
français et y susciter un «réveil» poétique, et donc «vital»,
comparable. C'est dans ce but qu'il fonde, avec peu de moyens
et en pleine effervescence naturaliste, la revue des Feuilles pour
l'Art qui paraîtra entre 1892 et 1919 et à laquelle collaboreront
des auteurs comme Hugo von Hofmannsthal, Karl Wolfskehl,
Ludwig Klages, Ludwig Derleth, Friedrich Gundolf et Friedrich
Wolters.
Ce livre rassemble tous les textes à dimension poétologique
ou théorique parus dans les Feuilles pour l'Art ainsi que les avant-propos
des Annales pour le mouvement de l'esprit , suivis d'une
conférence de Friedrich Gundolf sur Stefan George prononcée
en 1913. Il complète ainsi la traduction de ses Poésies complètes
et permet au lecteur français de retracer l'évolution d'un
mouvement de renouvellement poétique et moral qui compte
sans doute parmi les plus nobles de l'humanité européenne.