Le Grand Paris du séparatisme social : il faut refonder le droit à la ville pour tous

Le Grand Paris du séparatisme social : il faut refonder le droit à la ville pour tous

Le Grand Paris du séparatisme social : il faut refonder le droit à la ville pour tous
Éditeur: Post-éditions
2015165 pagesISBN 9791092616057
Format: BrochéLangue : Français

L'aménagement du territoire et le développement des villes

concentrent de vives tensions, à l'heure où le Grand Paris fait

miroiter ses promesses de profit, et alors que la concurrence

internationale fait rage entre les grandes métropoles et entre les

régions, désormais soumises au régime marchand. Les représentants

politiques soutiennent et encouragent des partenariats

public-privé qui ne font l'objet d'aucune concertation citoyenne.

Selon Hacène Belmessous, cette tendance antidémocratique

trouve son origine, en France, dans la construction décidée par

de Gaulle du quartier d'affaires de la Défense (1958) ; il s'y trouve

aujourd'hui la «Ferme du Bonheur» et le «Champ de la Garde»,

des espaces occupés par des «engagés» résolus à faire valoir

la possibilité d' une autre ville possible. La ZAD de Notre-Dame-des-Landes

et le barrage de Sivens sont le terrain d'affrontements

plus ouverts, qui voient se heurter la force publique et

des individus «hyperréalistes» fermement décidés à entraver la

marche du «lobby spéculo-marchand». Qu'en est-il des leviers

d'action dont disposent effectivement les habitants-citoyens ?

Depuis la lutte du Larzac (1971-1981), soldée victorieusement par

le renoncement de François Mitterrand à l'extension de l'emprise

militaire sur le plateau, il semble acquis que seule une

mobilisation locale vigoureuse est susceptible d'infléchir un

projet d'aménagement particulier. Autrement dit, en l'absence

prolongée d'un véritable droit à la ville pour tous, toute victoire

lors d'une lutte locale ne constituerait que l'exception à la règle

du renoncement institutionnel généralisé. Quand, peut-être, le

barrage de Sivens se verrait reporté sine die , le dernier mouvement

apparu en France, celui des révoltes sociales de 2005 dans

les périphéries des grandes villes françaises, aura simplement

été réprimé, et leurs habitants, sujets au séparatisme social,

rayés de la carte citoyenne.

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