Art du comprendre (L'), deuxième série, n° 19. L'identité problématique et ses formes culturelles : autrui et soi en question

Le thème de l'identité occupe une place nouvelle dans l'actualité
sociale et politique. En effet, à l'heure de la globalisation et du
mondialisme, il semblerait que les identités collectives tendent soit à
s'aplanir ou à se recomposer, soit à se rétracter ou se durcir autour de
signes sommaires. Les uns voient dans cette évolution la promesse d'une
plus haute forme d'humanité ; les autres, la fin dangereuse de figures
spirituelles, tutélaires et rassurantes.
Fréquemment utilisée dans les sciences humaines, cette notion
d'identité n'a cependant pas fait florès en philosophie. Celle-ci tient à
distance un mot dont le sens, se prêtant vite au parti pris, doit être problématisé.
Le penser philosophique a ici son mot à dire sur un sujet où
l'actualité journalistique et les facilités idéologiques veulent le disputer
à l'analyse rigoureuse du concept.
Être soi-même autant que reconnaître l'autre dans sa différence :
cette injonction de «la belle âme» ne s'incarne pas si aisément dans le
réel. Dès lors, il importe de s'interroger sur ce que signifie ce terme
d'identité, qu'il se trouve appliqué à un sujet individuel ou a un sujet
collectif. Partant, les rapports entre soi et autrui pourront apparaître
dans leurs processus constitutifs.
Ce nouveau numéro de L'Art du Comprendre s'attache donc à cerner
les enjeux ontologiques, épistémologiques, moraux et politiques, que
recouvre le thème de l'identité. L'ouvrage poursuit ce questionnement
à la lueur de penseurs, classiques et contemporains, qui se sont donné
pour tâche de comprendre la situation humaine. Il s'agit bien d'ouvrir
un parcours propre à l'anthropologie philosophique sans exclure la
tradition critique.